Roland Garros messieurs - Tsonga, favori sur ses gardes

Jo-Wilfried Tsonga passe son premier test face à Jérémy Chardy. Comme toujours, un duel 100% français à Roland-Garros n'est jamais un match comme les autres.

Tsonga

Comme beaucoup de têtes de série, Jo-Wilfried Tsonga aborde avec le troisième tour la phase II de son tournoi. La mise en jambes est terminée. Les réglages aussi. Vendredi, sur le court Philippe-Chatrier, il sait qu'il devra hausser le ton face à Jérémy Chardy. Les deux hommes ont en commun d'avoir gagné leurs deux premiers matches en trois sets. Ils partagent aussi le fait d'être tous les deux Français. C'est tout sauf anodin. Une confrontation "nationale" est toujours particulière. A Roland-Garros, cette vérité est plus éclatante encore. Et sur le central...

Tsonga ne peut pas ne pas être considéré comme le favori de cette rencontre. Bien sûr, il y a son passé en Grand Chelem, son classement, etc. Mais c'est surtout le fait qu'il possède un vécu de ce genre de situation beaucoup plus important que Chardy. Puis Tsonga possède un bilan presque parfait contre les Français en Grand Chelem. Il reste sur sept victoires consécutives. En réalité, il n'a plus perdu un match contre un compatriote dans un majeur depuis sa défaite en huitième de finale face à Richard Gasquet à Wimbledon, en 2007. Il n'était alors qu'au tout début de son ascension. Depuis, Gasquet (deux fois), Benneteau (trois!), Ouanna et Llodra se sont inclinés face à l'incontestable leader du tennis français. A l'inverse, Chardy a perdu ses trois rencontres contre des Français dans sa carrière dans les quatre principaux tournois du circuit.

Tsonga: "Il est capable d'embêter beaucoup de monde"

Pour autant, le Manceau ne s'attend pas à une partie de plaisir. "Je pense que ça va être un match compliqué, a-t-il même prédit. Jérémy  joue très bien ici. Quelque part, il a encore toutes ses preuves à faire dans ce genre de tournoi. Pour lui, cela va être une superbe opportunité. J'imagine qu'il va venir sur le terrain avec un super tennis. Cela va être à moi d'être solide et de montrer que je mérite ce rang là." Chardy confirme. Il ne vient pas en victime expiatoire satisfait de son petit sort au troisième tour. "Ce qui est sûr, confirme-t-il, c'est que je me sens bien. J'ai gagné deux fois en trois sets. C'est important d'être frais physiquement avant d'arriver au troisième tour. Je suis là où je voulais être avant le début du tournoi. Je n'ai pas perdu d'énergie. Il va me falloir maintenant continuer à jouer solide, à élever mon niveau de jeu si je veux pouvoir battre un gars comme Jo-Wilfried. Mais je me sens vraiment bien." La dernière phrase est lâchée comme un avertissement.

Jérémy Chardy est d'ailleurs sorti de leur dernier duel en date, au Masters 1000 de Toronto, l'été dernier. Leur deuxième match seulement, après celui de Johannesbourg, en finale, en 2009. Pas sûr qu'il faille tirer beaucoup d'enseignements du match disputé dans l'Ontario. Tsonga sortait de Wimbledon et des Jeux et n'avait plus grand chose dans le réservoir. "Ce sera différent, puis ici c'est en cinq sets", rappelle-t-il. Mais pour Chardy, c'est néanmoins une base. "J’avais fait un très bon match. Cela ne s'était pas joué à grand chose mais c'était une bonne victoire pour moi", se souvient le Palois.

S'il parvient à gérer le contexte spécial entourant ce match, Chardy peut être dangereux. Il a le jeu pour en tout cas. "Il est capable d'embêter beaucoup de monde, juge Tsonga. Il a un grand coup droit, il s'en sert à bon escient. C’est, avec son service, les deux grandes armes de son jeu. Ce n'est pas toujours évident à canaliser." On sent que ces deux-là auront du mal à se surprendre. Chacun connait les armes de l'autre. Depuis très longtemps. "Je le connais bien. Il a deux ans de plus que moi. Même quand on était plus petit, cela nous est arrivé de tourner ensemble. Je le connais depuis longtemps. C'est un mec sympa en dehors. Maintenant, on est adversaire ! Même si on s'entend bien, je pense que tous les deux sur le terrain, on va vouloir gagner." Evidemment, vendredi, il n'y aura plus de copains, plus de camarades. Mais ce ne sera pas forcément plus simple de faire abstraction du fait qu'en face, il y aura un autre Français.

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