Jeux Olympiques : le coup de gueule de Camille Lacourt et Michael Phelps contre le dopage

Les deux champions de natation ont vivement critiqué la participation de nageurs ayant déjà été suspendus pour dopage.camille

C’est un Camille Lacourt en colère qui s’est présenté face à la presse. Le Français a en effet échoué, comme en 2012, à remporter une médaille en individuel. Malgré sa cinquième place en finale du 100 m dos, le nageur a affirmé "ne rien regretter" car il a "travaillé comme un chien toute l'année pour arriver en forme ici". Tout en restant propre, ce qui n’est pas le cas, d’après lui, de tous les nageurs présents à ces Jeux Olympiques. Camille Lacourt a ainsi directement visé le nouveau champion olympique sur 200 m nage libre, le Chinois Sun Yang, suspendu en 2014 après un contrôle positif.

"Je suis très triste de voir mon sport évoluer de cette façon", a déclaré Camille Lacourt.

"J’ai l’impression de voir l’athlétisme avec deux-trois dopés dans chaque finale. J’espère que la FINA va vite réagir et arrêter ce massacre, parce que ça devient triste. Je n'ai jamais pris de produit interdit moi, mais à voir les autres, ça a l'air. Ils n’ont rien à faire dans un sport. Ils n’ont qu'à faire une Fédé de chargés et s’amuser entre eux. Ça me dégoûte de voir des gens qui ont triché sur les podiums : sur le 200 crawl, Sun Yang, il pisse violet...".

Le public brésilien ne s’y est d’ailleurs pas trompé et a sifflé le nageur chinois.

Ce coup de gueule a été suivi quelques instants plus tard par Michael Phelps. L’Américain, qui a déjà glané une 19e médaille d’or olympique, s’en est pris à la nageuse Yulia Efimova. La Russe, qui a remporté une médaille d’argent dans la nuit sur 100 m brasse, a déjà été contrôlée positive deux fois à des substances interdites. Suspendue seize mois en 2013 après un contrôle positif au DHEA, la Russe avait de nouveau violé les règles anti-dopage cette année, positive au meldonium (un médicament très utilisé dans le sport russe et interdit depuis le 1er janvier). D’abord passible d’une suspension à vie, elle avait finalement été blanchie de justesse en juillet par la Fédération internationale.

Une décision qui n’a pas du tout plu à Michael Phelps. "Je pense que le sport devrait être propre", a ainsi affirmé l’Américain. "Qu'une personne contrôlée positive non pas à une, mais à deux reprises ait l'opportunité de nager à ces Jeux me brise le coeur. Cela nuit à l'essence-même du sport et c'est ce qui me fait chier". Sa compatriote Lilly King, sacrée face à Yulia Efimova sur le 100 m brasse, en a ensuite rajouté une couche : "Ma victoire prouve qu'il est possible de nager en étant propre et d'atteindre les sommets à la force de votre travail. Il y a un moyen de devenir la meilleure et de le faire d'une façon juste", a-t-elle déclaré.

Conspuée et copieusement sifflée par le public, la nageuse russe est apparue en larmes après la finale et a tenté de s’expliquer. "Je peux comprendre certains athlètes mais ce que je n'arrive pas à comprendre, ce sont ceux qui font de la politique", a confié Yulia Efimova. "Peuvent-ils imaginer une seconde ce que je ressens ? Après tout ce qu'il s'est passé l'année dernière, je suis heureuse d'être là et de pouvoir nager. Essayez de me comprendre et de revoir votre position sur moi". Avant d’insister : "J'ai fait une erreur une fois et j'ai purgé ma peine, mais la deuxième fois, ce n'était pas ma faute. Je ne sais pas comment faire comprendre aux gens que si un jour le yaourt est interdit, vous devenez positif, mais est-ce pour autant de votre faute ?". Pas sûr que ces justifications suffisent à apaiser la colère des autres nageurs…

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