Bafé Gomis en pleine révision du Bac

Bafé Gomis

Alors que les lycéens français de Terminale viennent de finir les épreuves écrites du baccalauréat, un footballeur faisait partie de la promotion : Bafétimbi Gomis. Le joueur de l'OL explique les raisons qui l'ont poussé à relever ce défi. Bafétimbi Gomis, l'attaquant de l'Olympique Lyonnais, en est à un tournant de sa carrière. Auteur d'une saison correcte avec Lyon (21 buts toutes compétitions confondues), le natif de Toulon est souhaité sur le départ par le président de l'OL Jean-Michel Aulas. Si on ne sait toujours pas s'il sera encore dans le Rhône la saison prochaine, Bafé a pour l'instant d'autres projets en tête : celui de reprendre ses études et d'obtenir son Baccalauréat.

Une scolarité arrêtés à 14 ans

Obtenir son bac pour un footballeur professionnel qui n'en a pas eu besoin pour réussir et gagner de l'argent, peut paraître curieux. A l'époque où les "footeux" ont une image déplorable, alimentée par les nombreux déboires et scandales dues à l'ivresse des millions, Gomis en demeure d'autant plus un joueur atypique. Calme, timide et travailleur, l'ancien stéphanois a décidé de reprendre des cours pour obtenir son Bac. Aidé d'un professeur particulier, le Varois s'est plongé dans les bouquins de français, mathématiques, culture générale, histoire et anglais dans le but de décrocher le précieux sésame. Dans les colonnes du Monde, il s'est confié pour expliquer sa volonté. Gomis a arrêté son cursus scolaire en troisième alors qu'il était au centre de formation de l'AS Saint Etienne. Il avoue : "J'avais beaucoup de retard, l'envie de devenir footballeur professionnel était forte. Mes parents sont issus de l'immigration sénégalaise, j'ai grandi dans un quartier difficile à Toulon... Ils avaient certaines limites, c'était compliqué d'avoir un suivi scolaire efficace. J'étais livré à moi-même sur ce plan-là".  "On n'en fera jamais rien s'il ne réussit pas dans le football." Mais pourquoi Bafétimbi Gomis a t-il fait ce choix surprenant de reprendre ses études? Lui a une explication simple, s'il n'avait pas percé dans le football, personne ne sait ce qu'il serait devenu. Il déclare : "On ne mesure pas l'importance de suivre une belle scolarité. On pense toujours à la réussite, à la carrière de rêve... Mais dans ma génération, à l'ASSE, seuls deux autres camarades sont devenus pro : Loïc Perrin et Carl Medjani" avant d'ajouter "Je me rappelle d'ailleurs une phrase d'un conseiller d'orientation qui m'avait marqué : "On n'en fera jamais rien s'il ne réussit pas dans le football"". Des propos difficiles à accepter : sans un minimum de bagage scolaire, il est très difficile de trouver un travail. Il a également reconnu de nombreuses difficultés à gérer sa vie d'adulte. Passé professionnel à 17 ans avec un salaire conséquent, Gomis était complètement perdu quand il fallait remplir des papiers administratifs. Il témoigne : "Une professeur, Chantal Dureux, m'a beaucoup aidé. Elle est devenue une deuxième mère pour moi (...) Quand j'ai commencé à gagner ma vie, j'avais des problèmes administratifs, j'ignorais tous des impôts. Elle a tout repris avec moi, m'a prêté de l'argent, obtenu des échéances". Les jeunes footballeurs ne doivent pas "négliger la scolarité" En prenant l'exemple de Josuha Guilavogui, qui a suivi un parcours identique au sien (Ils ont tous les deux grandi dans le même quartier de Toulon, ont été formés à Saint Etienne et jouent ensemble en équipe de France) et qui a eu son Bac ES avec mention, il ne veut pas que les jeunes footballeurs laissent tomber l'école. Il affirme : "J'essaie de m'investir, de rencontrer les jeunes du centre. Si j'avais un conseil, ça serait de continuer à rêver de ce métier extraordinaire mais sans négliger la scolarité. C'est un bagage qu'un footballeur moderne doit avoir".

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