Real Madrid : Zidane prépare t-il son avenir sur le banc des Merengues ?

Zinedine Zidan Real madrid

La nomination

En rejoignant l’encadrement technique,et en accédant au poste d’adjoint de Carlo Ancelotti, l'ex-meneur de jeu des Bleus entame donc de la meilleure façon sa reconversion au poste d’entraîneur. Fraîchement nommé entraîneur adjoint au Réal Madrid, Zinédine Zidane va embrasser une nouvelle carrière, sur le banc cette fois. L’ancien milieu de terrain, jusque-là directeur du football du club, va apprendre auprès de l’un des meilleurs entraîneurs au monde. En attendant mieux ?

L’apprentissage

Selon Carlo Ancelotti, Zinedine Zidane sera là pour apprendre. "Il a décidé d’avoir un rôle d’entraîneur et je suis très heureux de travailler à ses côtés. Ce sera un très bon adjoint, en plus de mon adjoint habituel Paul Clément", avait indiqué l’Italien lors de sa conférence de presse, au Santiago-Bernabeu. Une drôle de formulation qui sous-entendrait presque qu’il n’a pas eu son mot à dire. Très proche de Florentino Perez, l’ex-n°10 des Bleus, qui a obtenu son diplôme d’entraîneur l’an dernier à la demande du président madrilène, avait été un moment évoqué pour succéder à José Mourinho, faute d’avoir l’assurance de la venue d’Ancelotti. "Il pourrait être le prochain entraîneur du Réal Madrid. Il va mener un projet sportif, dans un bureau ou sur le banc. Il est madridiste et il est compétent", avait alors indiqué Perez, tout en admettant que si l’homme répondait aux attentes du club, son inexpérience comme entraîneur restait problématique : "Je ne dis pas que ce serait risqué mais cela nécessiterait une période de rodage."

La période de rodage est donc toute trouvée avec le respecté et influant Ancelotti en instructeur et Zidane en élève attentif, après des premiers pas comme technicien des équipes de jeunes l’an dernier. Mais cette union est peut-être et surtout de raison après le fiasco Mourinho, incapable de rallier les joueurs et socios à sa cause. Lors de sa nomination comme directeur du football en 2011, Perez avait annoncé qu’il voulait que Zidane "mène tout le projet sportif" du Réal jusqu’en 2015. Si Mourinho s’en était au départ accommodé, notamment pour écarter l’encombrant et charismatique directeur sportif Jorge Valdano, remercié avec un gros chèque à la clé, le Portugais a rapidement déchanté jusqu’à obtenir en mai 2012 la mise à l’écart du Français au sein du staff de l’équipe en raison de désaccords tactiques et d’une présence trop encombrante selon lui. De ce différend étaient nées les tensions qui coutèrent un an plus tard sa place au "Special One".

Une formation avant de prendre sa place

Carlo Ancelotti a lui opté pour une autre solution, s’assurant une figure de proue, un chaperon de luxe dans l’enfer du Réal Madrid où le faux pas est interdit. Sa conférence de presse a en ce sens été une réussite avec des réponses en espagnol et la volonté annoncée d’accrocher la "decima", ce dixième sacre en Ligue des champions après lequel le club court depuis 2002, tout en chantant les louanges de son nouvel adjoint. "Il sera sur le banc. Le seul problème est qu’il ne pourra pas jouer", s’est amusé l’ancien coach du PSG qui connaît bien l’homme pour l’avoir eu sous ses ordres à la Juventus Turin dans les années 1990. Mais s’assurer la présence de Zidane sur le banc, c’est aussi s’éviter pour Ancelotti d’avoir un intermédiaire de poids entre le président et lui. L’ex-tacticien de l’AC Milan voulait les pleins pouvoirs et, comme Mourinho, pas de directeur sportif pour intervenir sans arrêt. Ce fut l’une des raisons de son départ du PSG, des rapports tendus avec le directeur sportif Leonardo qui ne lui laissait pas la marge de manœuvre souhaitée, notamment en termes de transferts. Un rôle que ZZ aurait pu obtenir avec le départ de Mourinho et des relations qui pouvaient potentiellement devenir houleuses entre le nouvel homme fort du Réal et l’ancien Ballon d’Or.

De l'ombre à la lumière ?

La nouvelle ossature des Merengues s’apparente aussi bien à une révolution qu’un pari sur l’avenir. A 41 ans et sans aucune expérience, Zidane représente une caution morale plus que sportive. Il ne pouvait espérer mieux pour faire ses classes d’apprenti-entraîneur que d’apprendre dans l’ombre d’un grand, déjà sacré champion dans trois pays différents. Mais Ancelotti n’est pas le dernier né et guettera du coin de l’œil la mue de son ancien joueur en vizir, rêvant très probablement de devenir calife à la place du calife. Et très vite. A lui de faire ses preuves et de démontrer sur le banc,la maestria qu’il a eu sur le rectangle vert. Bonne chance à lui, et vivement que la saison démarre.

Par Rayon Thomas

Thomas Rayon

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