Les dessous du coup tactique génial de Van Gaal

« Un coach décide qui joue, qui est remplacé et qui entre. » Une évidence, tonnée abruptement par Louis Van Gaal au terme de la rencontre, qui s’applique également aux dernières secondes d’une prolongation en Coupe du monde. 120e minute, le gardien néerlandais Jasper Cillessen, irréprochable durant le quart de finale contre le Costa Rica et auteur d’un arrêt décisif face à Umana (117e), cède sa place à Tim Krul. « Chaque joueur de ma sélection a des aptitudes et il faut les utiliser quand ça peut servir, appuie le sélectionneur des Pays-Bas. Krul est le plus approprié pour stopper des tirs au but. Il a une grande détente et est très imposant. »
Les statistiques n’appuyaient pourtant pas cette croyance. Lors des quatre dernières saisons en Premier League, Krul a été sollicité à vingt reprises dans cet exercice. Pour seulement deux arrêts ! Mais une stat déjà meilleure que celle de Cillessen, qui n’a encore jamais stoppé de penalty dans sa carrière professionnelle.

Tim Krul, un exploit
Plus que dans les qualités propres du portier de Newcastle, la réussite néerlandaise a peut-être résidé dans l’approche de cet exercice. Louis van Gaal s’était préparé à cette éventualité en analysant les tentatives précédentes des joueurs costaricains. Une préparation qui a dépassé le cadre technique habituel, les Oranje disposant des données de la société Soccernomics. Fondée par les auteurs du livre du même nom, Simon Kuper et Stefan Szymanski, celle-ci fournit des analyses chiffrées sur tous les aspects du jeu, sorte de déclinaison de l’approche scientifique du baseball par Billy Beane, manager des Oakland Athletics, au milieu des années 90.

L’approche psychologique de ce changement-événement n’a aussi pas été éludée par Van Gaal, pourtant parfois présenté comme rigide dans les relations humaines. Le futur entraîneur de Manchester United avait ainsi décidé de ne pas prévenir Cillessen de cette éventualité : « Lui dire avant le match, c'était risquer de provoquer de la déception chez lui. » Alors que l’autre protagoniste de cette séance avait été mobilisé : « Je savais que s'il devait y avoir des tirs au but, il y avait des chances que j'entre en jeu. Je me suis donc tenu prêt », révèle le Magpie.

Van Gaal
Aussi innovant paraissait-il samedi soir, ce changement n’était pas une première. En 1996, la finale des play-offs de deuxième division anglaise oppose Leicester City à Crystal. A l’approche de la fin de la prolongation, Martin O’Neill, le manager de Leicester, remplace son gardien Kevin Poole par l’Australien Zeljko Kalac à la 119e minute, en prévision des tirs au but. Mais Steve Claridge donne la victoire aux joueurs d’O’Neill une minute plus tard (2-1), ne permettant jamais de connaître la pertinence de cette tactique. Maintenant, on sait.

Source : voir

Ailleurs sur le Web ...

Suivez-nous !

×