L’échec des Lakers est une leçon pour tout le monde

Il n’y aura pas eu de miracle. Les Lakers, considérés comme des candidats au titre en novembre dernier, ont pris la porte dès le premier tour. Ils ont même été balayés par les Spurs : 4-0. Un « sweep » au premier tour, c’est une humiliation qu’ils n’avaient pas connue depuis 1967. Et encore à l’époque, c’était au meilleur des cinq manches, et il n’y avait que huit équipes en playoffs…

Lakers NBA

Ce revers n’est que la fin logique d’une saison cauchemar. Les Lakers avaient fait dans le clinquant en recrutant Dwight Howard et Steve Nash, mais ce n’était que du toc. Car on ne peut pas lutter contre le poids des ans, mais aussi contre les vues à court terme. Les Celtics, au bord de l’élimination aussi face aux Knicks, peuvent en témoigner. On ne peut pas lutter contre le système NBA qui veut que la création d’un « Big Three » ou d’un « Big Four » n’est rien sans la présence de seconds couteaux de qualité. Miami l’a compris en 2011, et a depuis corrigé le titre en recrutant intelligemment, tout en faisant confiance à un noyau dur de 7-8 joueurs.

Les Lakers n’ont pas retenu les leçons du Heat, mais aussi et surtout des Spurs, passés maîtres dans l’art de faire durer leur « Big Three » de trentenaires (Duncan, Ginobili, Parker). Là où les Lakers préféraient recruter des vétérans, les Spurs ont choisi de miser sur les jeunes. Green, Neal, Leonard, Splitter, De Colo et même Blair… Voilà des joueurs qui n’ont connu que les Spurs, ou presque, en NBA. Voilà des joueurs qui ont eu le temps d’apprendre et de s’imposer aux Spurs. Car, à San Antonio, on raisonne en « centre de formation ». Lorsqu’on recrute un joueur, on raisonne en collectif et sur le moyen terme. On évite de faire des coups.

Aux Lakers, c’est l’inverse. Il faut gagner, mais tout de suite. Alors on dépense sans compter. On se sépare de choix de draft pour recruter une star. Steve Nash est arrivé aux Lakers en échange de quatre futurs choix de draft ! Il a 39 ans… et il est encore sous contrat pour deux ans.

Bien sûr, il y a aussi la faute à pas de chance… Nash blessé en présaison ; Dwight Howard mal remis de son mal au dos ; Pau Gasol blessé aussi ; puis Jordan Hill… et enfin Kobe Bryant. En playoffs, ce sont ensuite Metta World Peace, Steve Blake et Jodie Meeks qui ont rejoint l’infirmerie, laissant une équipe C prendre une ultime fessée face aux Spurs.

Oui, les Lakers ont été malchanceux. Oui, ils n’ont jamais été à 100% de la saison. Mais là encore, je crois qu’il y a eu un simple effet boule de neige. À partir du moment où il y a eu un blessé majeur, le coach en place (Mike Brown ou Mike D’Antoni) a trop tiré sur la corde des autres stars. Quand Kobe Bryant se pète le tendon d’Achille, c’était sa 4e blessure différente de la saison. Quand Dwight Howard se blesse à nouveau à l’épaule, c’est parce qu’il n’a jamais pu se reposer.

Ces Lakers ont disputé cette saison en apnée. En sprintant. Alors qu’une saison NBA, c’est un marathon où il faut trouver le bon rythme, se réserver des plages de repos, pour mieux aborder la dernière ligne droite que sont les playoffs. Après cinq matches, les Lakers étaient dans le rouge, et plutôt que de prendre du recul, ils ont viré leur coach. La suite ? Un sprint de plusieurs semaines pour finalement arracher une place en playoffs. Mais il restait encore quatre tours. Et il y avait eu de la casse.

Quel avenir aujourd’hui pour ces Lakers ? Je crois que l’effectif actuel ne peut pas faire mieux que des coups, et je ne pense pas que les Lakers rebondiront. Steve Nash est trop faible en défense pour pouvoir lutter avec ce qui se fait de mieux aujourd’hui. Il est aussi, semble-t-il, trop affaibli physiquement pour supporter le poids de 82 matches à 30-35 minutes de moyenne. Il y a aussi l’inconnu Howard, en fin de contrat, et qui pourrait quitter les Lakers après cet échec retentissant. Enfin, il y a l’incertitude sur le cas Kobe Bryant, absent pour une durée comprise entre 6 et 9 mois. Je pense qu’on le reverra sur un terrain. Mais à 35 ans, pourra-t-il encore faire des miracles pendant 80 matches avant que son corps ne dise « stop » à nouveau…

En fait, ces Lakers-là voulaient ressembler aux Celtics de 2008 ou au Heat actuel. Mais à l’arrivée, il rappelle les Rockets du trio Olajuwon-Barkley-Pippen. C’était l’année du lock-out, en 1999, et l’expérience n’avait duré qu’un an après une défaite au premier tour face aux… Lakers.

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